La carrière ecclésiastique de Jean XXIII (1958-1963) est étroitement liée à la France, où il passa presque 9 ans en tant que nonce apostolique, une durée particulièrement longue à ce poste. Il eut à gérer l’après-guerre et un épiscopat en partie compromis avec le gouvernement de Vichy, mais aussi les tensions politiques qui traversaient alors l’Eglise de France. Selon un ancien protocole désormais hors d’usage, Mgr Angelo Giuseppe Roncalli (1881-1963) reçut la barrette cardinalice à l’Elysée des mains du président de la République, Vincent Auriol.
Après avoir été délégué apostolique en Turquie, Mgr Roncalli arrive en France à la veille du 1er janvier 1945, nommé à cette charge par Pie XII (1939-1958). Paris est libérée depuis quelques mois et le général de Gaulle est à la tête du gouvernement provisoire. “La situation de l’épiscopat français est difficile car tous les évêques ont soutenu le maréchal Pétain, plus ou moins longtemps, plus ou moins fermement“, souligne Mgr Jacques Perrier, ancien évêque de Tarbes et Lourdes. Beaucoup, à commencer par les catholiques les plus engagés dans la Résistance demandent une “épuration“ des évêques. Pour Mgr Perrier, “Mgr…
Cet article est réservé aux abonnés.
JE ME CONNECTE