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Entretien avec le philosophe Rémi Brague, lauréat du Prix Ratzinger, le ‘Nobel de théologie’.

Le 20 octobre 2012, Benoît XVI remettra le Prix Ratzinger - le ‘Nobel de théologie’ - à Rémi Brague, récompensant de ce fait pour la première fois un philosophe et un Français. Interrogé par I.MEDIA, ce spécialiste des philosophies grecque et arabe souligne que le dialogue islamo-chrétien est “possible” voire même “urgent” et passe par une “réelle connaissance des textes fondateurs” et non par les déclarations des “professionnels de la patte de velours”. Il constate en outre que ceux qui nient les racines chrétiennes de l’Europe agissent nécessairement par “idéologie”. Enfin, celui qui recevra le Prix Ratzinger ainsi qu’un chèque de 50 000 euros, tout comme le père jésuite américain Brian Daley, estime que Benoît XVI est la figure de proue “d’un mouvement bien plus vaste que le groupe de ses anciens doctorants”. 

Rémi Brague, vous êtes, cette année, lauréat du prix Ratzinger, dont l’objectif est de stimuler la réflexion théologique surtout dans les domaines les plus étudiés par Joseph Ratzinger. Or vous enseignez la philosophie. Savez-vous ce qui a motivé ce choix ? Aucune idée. Je suis de fait philosophe, et je considère la théologie comme quelque chose de sérieux, qui s’étudie à l’université (dans les pays civilisés, j’entends…) et qui ne tolère pas l’amateurisme. L’autre lauréat, le père Daley, est un vrai théologien. Je suppose que l’on m’a choisi pour deux raisons. D’une part, on salue aussi les efforts de tout un…
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